Haya, rebelle de Raqqa

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Grand Prix du Figra  – de 40 min, Figra 2016 – Le Touquet-Paris-Plage.

Prix Court Méditerranéen. PriMed, Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen 2015.

Sélection officielle Documentaire – Paris Courts Devant 2016.

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Une jeune syrienne exilée en France est tiraillée entre l’exaltation de son passé dans les tourmentes du conflit et la fadeur de l’exil en France. A travers son histoire, les images inédites qu’elle a filmées, ce documentaire de 23′ replonge dans l’histoire de la révolution syrienne à Raqqa, pour remettre dans son contexte l’arrivée de l’organisation Etat islamique.

http://www.france24.com/en/20150321-reporters-video-is-group-film-raqqa/

http://www.france24.com/ar/20150320-مراسلون-ثائرة-من-الرقة-سوريا-تنظيم-الدولة-الإسلامية/

Un film de Claire Billet et Lyana Saleh. Production France 24. Diffusion France 24 et Arte Reportage.

Images: Claire Billet, Haya al Ali et Mohammed Shoaib  –  Son: Lyana Saleh, Claire Billet  –  Montage: Dani Abou Loh, Claire Billet.

Revue de presse:

http://27esimaora.corriere.it/articolo/il-film-di-haya-la-ribelle-di-raqqa-cosi-ho-ripreso-le-jihadiste-in-segreto/

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Le dernier Calife d’Afghanistan

Le Mollah Omar, le leader des Taleban afghans, est mort le 23 Avril 2013. Il est une figure mythique, un homme dont nous n’avons presque rien su mais qui a, paradoxalement, été connu dans le monde entier. Le dernier calife d’Afghanistan retrace l’histoire de sa vie. Alors que nous n’avons jamais eu la preuve de sa mort, nous partons à sa recherche. Cette biographie de 62 minutes, poil-à-gratter, est un prétexte pour tenter de sortir de la vision manichéenne de l’Afghanistan.

http://info.arte.tv/fr/mollah-omar

Diffusion le 10 Novembre 2014 sur Arte, 21h00, Théma Afghanistan.

Réalisation Claire Billet. Auteurs: Bette Dam et Claire Billet.

Images et son: Leslie Knott et Claire Billet.  Montage : Mathias Lavergne. Musique originale: Jochris Gomez et captation de chants Taliban. Une production Hikari Films  et Arte  G.E.I.E. Avec la participation de la RTS, Radio Télévision Suisse, unité des films documentaires, du Centre National du Cinéma et de l’image animée, avec le soutien de la Procirep, société des producteurs, et de l’Angoa.

code visionnage viméo: LDCACLAIRE

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Quelques critiques du film

La bataille de Marjah n’est pas gagnée

France 24 Reporters – Mars 2010

L’offensive « Mushtarak » a été lancée dans la province du Helmand (Sud-Ouest afghan), en Février 2010 par 15000 soldats des armées américaine, britannique et afghane (avec quelques Français). Largement médiatisée, l’opération dite de « pacification » par l’Otan, a été présentée comme un succès. La population l’a pourtant vécue comme une invasion.

Sur les terres des Taleban

France 24 Reporters – Novembre 2007

Première rencontre avec un commandant Taleb, surnommé Abu Tayeb et ses hommes, dans la province du Wardak, district de Jaratoo.

L’homme a, depuis, quitté le mouvement Taleban pour créer son propre groupe de rebelles. Il utilise maintenant son vrai nom: Mullah Najibullah. Son parti : le mouvement islamique des Fedayin (ceux qui se sacrifient).

Il estime que la rébellion trahit ses idéaux d’origine en cherchant à négocier. Il n’arrêtera de combattre que le jour où il ne restera plus aucun soldat étranger en Afghanistan. Impossible de savoir s’il est marginal, manipulé, manipulateur ou représentatif… A l’époque de la rencontre, j’avais couché mes impressions dans cet article:

https://clairebillet.wordpress.com/2007/11/13/lautre-visage-des-talibans/

Rencontre avec des Taliban

Départ en catastrophe de Kaboul, la capitale afghane, en milieu d’après-midi. Après 3 jours d’attente, notre fixeur nous appelle pour nous annoncer qu’un groupe de Taliban actif accepte de nous rencontrer. Vite.

Nous partons pour Ghazni, à deux bonnes heures de route de Kaboul. Je suis avec Eric de la Varene et Véronique de Viguerie (photographe). Une fois discrètement arrivés à l’hôtel, un homme nous rejoint et nous partons dans un autre district. Une heure de piste poussiéreuse puis, au détour d’un village, deux motos nous font signe de les suivre: quatre hommes sont dessus, masqués, avec kalachnikovs et lances-roquettes.

Nous nous arrêtons à l’entrée d’un champ. là-bas, une trentaine d’hommes, tous masqués et armés nous attend. Ils sont accroupis, méfiants, tendus… Le conciliabule commence avec notre fixeur pour savoir s’ils peuvent nous faire confiance. Nous attendons et je commence à m’inquiéter, il est plus de 5h, le soleil tombe, impossible de faire un sujet tv complet. Finalement, leur cercle s’agrandit pour nous et ils acceptent de nous parler. J’allume la caméra, impressionnée et silencieuse. Le grand voile me tombe sur les yeux, pas pratique. Véronique commence ses photos et Eric une interview radio du chef: il est le responsable Taliban de toute la province.

Premier contact réussi pour eux, comme pour nous. Mais il nous en faut plus nous n’avons pas assez pour vendre le reportage…. Le soleil est déjà couché et nous devons partir, accepteront-ils de nous revoir le lendemain?

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sur le chemin du retour pour l’hôtel, la voiture tombe en panne. Tout les 100 m, à découvert avec la lumière de la lune. J’au peur qu’un hélicoptère de la coalition passe par là. Heureusement, rien, après 2 h laborieuse, nous partons finalement dormir chez un habitant.

Au petit matin, le groupe accepte de nous revoir, pour nous montrer les prises de guerre et un entraînement. De 8h du matin à 15 h, nous attendons. Le groupe est bloqué par un convoi des forces de la coalition et se demande quel est notre rôle… Finalement les troupes partent sans trouver les Taliban, et ces derniers acceptent de nous retrouver, mais dans un autre lieu, neutre.Donc, pas de prises de guerre, pas d’entraînement, je suis un peu déçue mais nous n’avons pas le choix…

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Crédit: Véronique de Viguerie. WPN.

Nous devons partir, mais la voiture est de nouveau en panne. Nous montons donc, à trois, sur une de leurs motos. Une vingtaine de minutes plutôt improbable avec les nids de poules en dessous, les paysans autour et les Taliban devant. Mais nous arrivons enfin. Deuxième et dernière rencontre: une trentaine d’hommes nous attend. Rapidement, ils sont plus détendus, certains sourient (même à moi) d’autres parlent en anglais à Véronique. Ils posent naturellement, mais pour la caméra comme la photo, ce n’est pas très pratique… Interview tv. des deux commandants. Ils sont calmes, édifiants. Pour eux aussi, c’est une première: ils rencontrent des journalistes occidentaux. Et surtout des femmes: nous ne sommes d’ailleurs ni vraiment femme, ni vraiment homme…

Un des plus jeune regarde la caméra. Il a du khôl sous les yeux et quand il voit que je le filme il me regarde et ouvre les yeux brusquement. Comme pour prendre un regard plus agressif, plus "Taleb"…

Nous repartirons deux heures plus tard, après la prière. Avec des pommes, des "soyez prudents" et des "convertissez-vous à l’islam" pour Véronique et moi…

Une rencontre étrange, avec des hommes qui, deux jours plus tôt, ont pris en otage un politicien afghan et tué des militaires afghans.

Ont-ils aussi brûlé des écoles de filles? Egorgé des opposants ? Font-ils partie de ceux qui n’hésitent pas à tuer n’importe quel étranger?

Avec nous, pourtant, ces deux jours là, les plus jeunes commbattants s’amusaient comme des adolescents avec leurs sonneries de téléphones…