Sécurité, insécurité et corruption à Kaboul

Malgré les discours répétés des USA, la situation « sécuritaire » en Afghanistan ne s’améliore pas. Les Taliban sont toujours plus actifs et en 2007, plus de 8000 personnes sont mortes dans le conflit. À Kaboul, la capitale afghane ultra protégée, les attentats sont certaines moins nombreux, mais plus violents et plus « médiatiques ».

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Au cœur de Kaboul, des Taliban se sont infiltrés, avec des armes lourdes et ont attaqué le Président Hamid karzaï. Nous sommes pourtant dans une des villes les plus sécurisées au monde et la présence de la police afghane a été renforcée ces derniers mois. A tous les ronds-points, on voit des hommes en armes et des soldats à chaque points d’entrée de la capitale. Alors comment les attaques des Taliban ont-elles été possibles ? Du côté de l’armée française, dont l’une des missions est de surveiller Kaboul, on apprend que les Taliban ont adapté leurs techniques de combat. C’est ce qu’explique le Lieutenant-colonel Malassinet, chef du Bataillon français en Afghanistan. Ils essaient de multiplier les attaques qu’on appelle « complexes » pour garder un élément de surprise. C’est-à-dire qu’ils utilisent à la fois des tirs de roquettes, éventuellement des kamikazes, et, pourquoi pas, ils complètent avec l’utilisation d’armes de petits calibres pour tirer sur la foule.
Les Taliban sont dans Kaboul. Mais comment font-ils pour se déplacer sans se faire remarquer? Comment font-ils pour franchir les barrages ? Celui qu’on appelle Ahmed est trafiquant d’armes et nous le rencontrons dans un endroit discret. Il souhaite garder l’anonymat, porte lunettes noires et foulard, mais il explique de c’est finalement assez simple de transporter des armes dans la capitale. Je sais où aller dans Kaboul pour que la police ne me contrôle pas. Et s’il y a des contrôles, je les vois de loin et je fais demi-tour, je prends les petites rues et j’évite les postes de police.

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Facile donc aussi d’acheter des armes. Le revendeur nous montre un petit échantillon de ce qu’il a en magasin. L’arme à feu la plus courante en Afghanistan. C’est une kalachnikov et ça coûte environ 70 Euros selon la qualité. Le trafiquant remarque qu’il peut s’en procurer beaucoup : c’est facile à obtenir parce que la police ne contrôle pas beaucoup les voitures et que les gens ont encore beaucoup d’armes dans leurs maisons, à Kaboul et en dehors. Et on peut trouver des lances roquettes, des armes lourdes comme ça, mais à l’extérieur. Pas dans Kaboul.

Alors les Talibans, armés de leur lance-roquettes, ont trouvé la parade: ils se sont déguisés en policiers et en soldats pour leurs dernières attaques dans la capitale. Et encore une fois, ce n’est pas tellement compliqué de s’approvisionner. Il faut aller en plein milieu du marché, au cœur de la ville. Ici, on trouve des uniformes de la police et de l’armée.

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Zalmaï est tailleur et vendeur d’uniformes et il avoue avec réticence que si on lui donne de l’argent, il peut nous vendre des uniformes de policiers ou de soldats : ça coûte de 50 à 70 Euros pour la panoplie complète. Dans le marché, le trafic règne : les commerçants ont racheté des stocks d’uniformes à leurs propriétaires peu scrupuleux. Et c’est bien la principale faille de la sécurité à Kaboul : la corruption.

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